Le Centre d’Archives et de Documentation de la Commission royale des Monuments, Sites et Fouilles

Depuis cent septante ans, la CRMSF a précieusement conservé le fruit des recherches et des actions des générations de membres qui ont œuvré, avec talent et ténacité, à la préservation de l'intégrité de nos bâtiments, de l'esprit de nos parcs et jardins, de la beauté ou de l'intérêt scientifique de nos sites. C'est ainsi qu'elle a constitué un fonds documentaire extrêmement riche, indispensable pour l'appréciation et la compréhension de l'évolution de notre Patrimoine, essentiel pour une approche scientifique des problématiques.

Ce fonds est principalement composé de dossiers nominatifs qui rassemblent avis, courriers ? polémiques parfois ? ,cahiers des charges, options et techniques de restauration, suivis de chantiers… Ces archives dites « administratives » sont également de nature juridique, historique, archéologique ou environnementale. Déjà évaluées à sept mille dossiers en 1995, elles sont en outre complétées par plus de cinq mille documents iconographiques : photographies en noir et blanc, parmi lesquelles bon nombre de clichés de l'Institut royal du Patrimoine artistique, et en couleurs, la plupart réalisées par les membres de la CRMSF en vue de classements éventuels des biens ou à l'occasion de visites de chantiers. Le fonds recèle également de nombreuses cartes postales anciennes de belle qualité.

Une entité annexe concerne le fonctionnement interne de la CRMSF  : ordres du jour et procès-verbaux de réunions, dossiers biographiques de membres, préparations des différentes publications, organisations de manifestations…

Des dossiers thématiques retiendront également l'attention des chercheurs : les inventaires des orgues remarquables, des parcs et jardins, des hôtels de ville et maisons communales… Certains abordent des problèmes spécifiques : les mesures de protection contre l'incendie, la signalisation touristique des monuments, l'enfouissement des réseaux électriques, la mise en valeur nocturne du Patrimoine par un éclairage approprié…

D'autres sections cohabitent, telles celles relatives aux avis rendus jadis par la CRMSF sur les plans de secteurs, les plans particuliers d'aménagement, les tracés de voies routières, ferroviaires et navigables, sur l'implantation des conduites de gaz et des lignes électriques dans des sites classés ou zones abritant des biens classés, ou encore, celle des dénominations de rues, aujourd'hui compétence de la section wallonne de la Commission royale de Toponymie et de Dialectologie.

La plus grande richesse du Centre est certes la collection de quelque neuf mille plans et dessins, qui sont parfois les derniers témoins d'états architecturaux méconnus de bâtiments aujourd'hui profondément modifiés, voire démolis. La conservation de documents graphiques relatifs à des projets non réalisés est un autre aspect non dépourvu d'intérêt. D'une valeur documentaire inestimable, ce fonds recèle un certain nombre de spécimens, datant des dernières décennies du xix e et de la première moitié du xx e siècle, exécutés à l'encre de Chine ou au crayon gris, parfois rehaussés d'aquarelle ou de gouache, qui présentent de grandes qualités esthétiques. La précision, la finesse et l'élégance des traits de certains d'entre eux laissent presque percevoir l'engagement profond de leurs auteurs et l'empreinte exceptionnelle qu'ils nous ont laissée.

Depuis la régionalisation du secteur en 1989-1990, le fonds était conservé par la Direction générale de l'Aménagement du Territoire, du Logement et du Patrimoine, à Bruxelles, puis à Namur. Cet héritage documentaire souffrait cependant d'un manque de visibilité ; c'est dans le but d'une plus grande accessibilité aux chercheurs, d'une exploitation plus judicieuse et d'une réelle mise en valeur que ces documents ont rejoint le siège de la CRMSF , situé au Vertbois à Liège. Elle y a installé toute l'infrastructure nécessaire au bon fonctionnement de ce nouveau service, gratuit et accessible sur rendez-vous à toute personne pouvant justifier d'un but de recherches scientifiques précis.

Depuis son ouverture au public en juin 2004, la fréquentation du Centre ne cesse de s'accroître, preuve que celui-ci est une réponse réelle aux attentes des chercheurs, qu'ils soient membres de la CRMSF ou attachés à la DGATLP , professeurs, étudiants ou amateurs, soucieux de l'histoire, de l'évolution et du respect de notre Patrimoine.

Ces documents d'archives, traces écrites et iconographiques de l'activité séculaire de la CRMSF , sont sa mémoire. Ils éclairent l'existence de nos richesses patrimoniales, permettent d'établir un libre dialogue avec le passé et sont une aide précieuse pour veiller, avec intelligence et sensibilité, à leur avenir.

Ce patrimoine, nous entendons le préserver, le valoriser, mais également l'accroître. Réunir des informations relatives à la sauvegarde de nos paysages et de nos sites archéologiques, rassembler une documentation susceptible d'éclairer les recherches architecturales, d'étayer les convictions, de guider les spécialistes confrontés à différentes options de restaurations nous paraissent des démarches capitales. Dans cette optique, trois voies sont envisagées : procéder de manière ponctuelle à des achats de documents, organiser un réseau d'échanges de publications avec des institutions scientifiques ou des associations dont les préoccupations rejoignent celles de la CRMSF , susciter et recevoir des dons ou dépôts de collectivités ou de particuliers.

Ce programme ambitieux est amorcé de manière significative. En effet, depuis le 1 er  juillet dernier, les collections du Centre se sont enrichies du dépôt du fonds de l'ancien Musée d'Architecture de la Ville de Liège. Rappelons que cette institution, installée au béguinage du Saint-Esprit, en 1976, par l'actuelle Vice-Présidente de la CRMSF , Ann Chevalier, dut fermer ses portes en 1990. Le Centre de Documentation fut alors transféré à la bibliothèque Chiroux-Croisiers.

Parmi ses importantes collections, épinglons le fonds du Liégeois Paul Jaspar (1859-1945), cet architecte de talent qui sut allier les traditions de l'art de bâtir en Wallonie aux techniques modernes et qui fut aussi un ardent défenseur de notre Patrimoine.

Soulignons également l'intérêt majeur des archives de la dynastie Vivroux ; la production de ces architectes, essentiellement actifs dans la région verviétoise, est une parfaite illustration des différents courants qui ont caractérisé le xix e siècle, dont les styles, teintés de nostalgie et d'exotisme, continuent à marquer notre cadre de vie.

Le fonds témoigne encore de l'activité de nombreux bâtisseurs et restaurateurs reconnus : Paul Comblen (1869-1955), Georges Dedoyard (1897-1988), Jean-Charles Delsaux (1821-1893), Emile Demany (1845-1908), Edmond Jamar (1853-1929), Fernand Lohest (1864-1932), Joseph Lousberg (1857-1912), Jean Moutschen (1907-1965), Charles Servais (1828-1892), Charles Soubre (1846-1915), Auguste Van Assche (1826-1907) et bien d'autres.

Une collection éclectique de documents photographiques, réalisés sur différents supports, et une riche bibliothèque (ouvrages de références, monographies, catalogues d'expositions et de musées, périodiques et séries) complètent cette solide documentation, évocatrice de la pensée architecturale des siècles derniers dans nos régions, sans toutefois ignorer les réalisations remarquables, en Belgique et à l'étranger, d'artistes contemporains.

Par ailleurs, c'est grâce à la générosité du Baron Francis Bonaert, ancien membre de la Commission royale, que le Centre accueille depuis peu ses archives personnelles, inestimable témoignage d'une carrière largement consacrée à la restauration de biens patrimoniaux. Les châteaux de Corroy, Duras, Freÿr et Vêves, les églises de Foy-Notre-Dame, de Grimbergen et Saint-Loup à Namur comptent parmi ses chantiers importants. Le château-ferme de Denée, le château d'Anseremme, la grande maison du marché à Bouvignes, l'abbaye Notre-Dame de Leffe, les églises de Bouvignes et d'Hastière-par-delà, entre autres, bénéficièrent également de ses compétences et de son art.

L'entreprise et la moisson sont loin d'être terminées ! D'autres projets sont en cours de concrétisation… A l'aube du xxi e siècle, la CRMSF , résolument tournée vers l'avenir, a l'ambition de collecter, classer, conserver et communiquer les témoins documentaires qui permettront d'explorer la richesse et l'inventivité de la culture architecturale des siècles passés. Elle se souvient des paroles de feu Raymond Lemaire, l'initiateur de la Charte internationale sur la Conservation des Monuments historiques, dite « Charte de Venise », qui fut aussi l'un des piliers de l'ICOMOS (International Council of Monuments and Sites) : « La sauvegarde de la mémoire, sous toutes ses formes, est le gage essentiel de notre créativité future ».

Cette rue étroite, à l’alignement irrégulier, n’est autre que la rue du Vertbois avant les profondes modifications engendrées par l’urbanisme débridé des années 70.

A l’arrière-plan, on y reconnaît l’ancien hospice qui, à cette époque, accueillait des orphelins.

A l’angle de la rue des Prémontrés se dressait une intéressante bâtisse de style néo-gothique anglais, construite en 1930 par Paul Jaspar.

Une entité annexe concerne le fonctionnement interne de la C.R.M.S.F. : ordres du jour et procès-verbaux de réunions, dossiers biographiques de membres, préparations des différentes publications, organisations de manifestations…

Des dossiers thématiques retiendront également l’attention des chercheurs : les inventaires des orgues remarquables, des parcs et jardins, des hôtels de ville et maisons communales… Certains abordent des problèmes spécifiques : les mesures de protection contre l’incendie, la signalisation touristique des monuments, l’enfouissement des réseaux électriques, la mise en valeur nocturne du patrimoine par un éclairage approprié…

D’autres sections cohabitent, telles celles relatives aux avis rendus jadis par la C.R.M.S.F. sur les plans de secteurs, les plans particuliers d’aménagement, les tracés de voies routières, ferroviaires et navigables, sur l’implantation des conduites de gaz et des lignes électriques dans des sites classés ou zones abritant des biens classés, ou encore, celle des dénominations de rues, aujourd’hui compétence de la section wallonne de la Commission royale de Toponymie et de Dialectologie.

Ancienne abbaye d’Aulne à Gozée, classée comme monument et site le 24 avril 1991, inscrite sur la liste du Patrimoine exceptionnel en date du 25 juillet 1996.

Essai de reconstitution : élévation du côté est de la cour d’honneur du XVIII e siècle, par l’architecte Lemaire et le dessinateur E. Compère (30 septembre 1943). Tirage. (Dossier Thuin 2.29).

La plus grande richesse du Centre est certes la collection de quelque neuf mille plans et dessins, qui sont parfois les derniers témoins d’états architecturaux méconnus de bâtiments aujourd’hui profondément modifiés, voire démolis. D’une valeur documentaire inestimable, ce fonds recèle un certain nombre de spécimens, datant des dernières décennies du 19 e siècle et de la première moitié du 20 e, exécutés à l’encre de Chine ou au crayon gris, parfois rehaussés d’aquarelle ou de gouache, qui présentent de grandes qualités esthétiques. La précision, la finesse et l’élégance des traits de certains d’entre eux laissent presque percevoir l’engagement profond de leurs auteurs et l’empreinte exceptionnelle qu’ils nous ont laissée.

Depuis la régionalisation de notre pays, le fonds était hébergé dans les bâtiments de la Direction générale de l’Aménagement du Territoire, du Logement et du Patrimoine, à Namur. Cet héritage documentaire souffrait cependant d’un manque de visibilité ; c’est dans le but d’une plus grande accessibilité aux chercheurs, d’une exploitation plus judicieuse et d’une réelle mise en valeur que ces documents ont rejoint le siège de la C.R.M.S.F., situé au Vertbois à Liège. Elle y a installé toute l’infrastructure nécessaire au bon fonctionnement de ce nouveau service, gratuit et accessible sur rendez-vous à toute personne pouvant justifier d’un but de recherches scientifiques précis.

Depuis son ouverture au public en juin 2004, la fréquentation du Centre ne cesse de s’accroître, preuve que celui-ci est une réponse réelle aux attentes des chercheurs, qu’ils soient membres de la C.R.M.S.F. ou attachés à la Direction générale de l’Aménagement du Territoire, du Logement et du Patrimoine, professeurs, étudiants ou amateurs, soucieux de l’histoire, de l’évolution et du respect de notre patrimoine.

Eglise Notre-Dame d’Orp-le-Petit, classée comme monument le 27 septembre 1937.

Projet d’agrandissement : plan, coupes et élévation, par l’architecte E. Coulon (8 mars 1877).

Encre de Chine et encre rouge sur toile enduite. (Dossier Orp-le-Grand 1.10).

Ces documents d’archives, traces écrites et iconographiques de l’activité séculaire de la C.R.M.S.F., sont sa mémoire. Ils éclairent l’existence de nos richesses patrimoniales, permettent d’établir un libre dialogue avec le passé et sont une aide précieuse pour veiller, avec intelligence et sensibilité, à leur avenir.

Au 1 er juillet prochain, les collections du Centre seront enrichies du dépôt du fonds de l’ancien Musée d’Architecture de la Ville de Liège. Rappelons que cette institution, installée au béguinage du Saint-Esprit, en 1976, par l’actuelle Vice-Présidente de la C.R.M.S.F., Ann Chevalier, dut fermer ses portes en 1990. Le Centre de Documentation fut alors transféré à la bibliothèque Chiroux-Croisiers.

Parmi ses importantes collections, épinglons le fonds du Liégeois Paul Jaspar (1859-1945). Cet architecte de talent, qui sut allier les traditions de l’art de bâtir en Wallonie aux techniques modernes, fut aussi un ardent défenseur de notre patrimoine.

Soulignons également l’intérêt des archives de la dynastie Vivroux. En effet, la production de ces architectes, essentiellement actifs dans la région verviétoise, est une parfaite illustration des différents courants qui ont caractérisé le 19 e siècle, dont les styles, teintés de nostalgie et d’exotisme, continuent à marquer notre cadre de vie.

A l’aube du 21 e siècle, la C.R.M.S.F., résolument tournée vers l’avenir, a l’ambition de collecter, classer, conserver et communiquer les témoins documentaires qui permettront d’explorer la richesse et l’inventivité de la culture architecturale des siècles passés. Elle se souvient des paroles de feu Raymond Lemaire, l’initiateur de la Charte internationale sur la conservation des monuments historiques, dite « Charte de Venise », et qui fut aussi l’un des piliers de l’Icomos (International Council of Monuments and Sites) : La sauvegarde de la mémoire, sous toutes ses formes, est le gage essentiel de notre créativité future.

Le Centre
   
Les archives du Centre

 

Le Centre est accessible du lundi au vendredi, de 9 à 12 h. et de 13 h. 30 à 16 h. 30. Les rendez-vous peuvent être pris par téléphone (04/232.98.60), par courrier (CRMSF, rue du Vertbois 13 C , 4000 Liège) ou par courriel (monique.merland@crmsf.be).

Afin de superviser l’ensemble du fonctionnement du Centre d’Archives et de Documentation de la Commission royale, examiner les propositions de dons ou de dépôts, programmer les activités et manifestations liées à la mise en valeur du fonds, il a été créé un Comité scientifique, dont voici la composition :

  • Pierre PAQUET, Inspecteur général de la Division du Patrimoine, Président du Comité scientifique ;
  • Ann CHEVALIER, Jean-Patrick DUCHESNE, Luc ENGEN, Paul HAUTECLER et Maurice LORENZI, Représentants de la Commission royale des Monuments, Sites et Fouilles ;
  • Philippe BUXANT et Emmanuel VANDERHEYDEN, Représentants de la DGATLPE ;
  • Jean-Pierre HUPKENS, Représentant de la Ville de Liège ;
  • Jean-Daniel PARISET, Représentant de la Médiathèque de l’Architecture et du Patrimoine ;
  • Patrick HOFFSUMMER, Représentant du Centre européen d’Archéométrie ;
  • Claudine HOUBART, Représentante de l’Intercommunale d’Enseignement supérieur d’Architecture ;
  • Pierre-Yves KAIRIS, Représentant de l’Institut royal du Patrimoine artistique ;
  • Emmanuel BODART, Représentant des Archives de l’Etat ;
  • Pierre GILISSEN, Secrétaire permanent de la CRMSF ;
  • Carole CARPEAUX, Secrétaire adjointe de la CRMSF ;
  • Monique MERLAND, Documentaliste de la CRMSF.