Il était une fois… les Vivroux ornemanistes

Notre Centre d’Archives et de Documentation est dépositaire de l’important fonds de l’ancien Musée d’Architecture de Liège. Il conserve entre autres le fonds Vivroux, riche de 509 dossiers, témoins des réalisations de différents architectes et sculpteurs de la dynastie : une belle illustration des courants successifs en vigueur au XIXsiècle. Quelques-uns de ces dossiers présentent diverses planches décoratives : acacia et four à chaux, arbres, ruines, tour en ruine, sphynx ailé, feuillage, rinceaux, feuilles d’acanthe…
 
Les séries V 310 à V 314 (1-9) sont incontestablement de la main de Jacques-Joseph Vivroux (1765-1835) ; sa signature est une combinaison de l’initiale J et du patronyme. La lithographie V 315 (10) n’est pas signée mais peut également lui être attribuée.
 
1-10 : neuf lithographies signées et
une attribuée à Jacques-Joseph
Vivroux (1765-1835).

 

Natif de Liège, Jacques-Joseph Vivroux se fixe à Verviers pour y édifier le nouveau théâtre, en 1820, avec l’aide de son fils Auguste-Marie (1795-1867). Ce dernier est notamment l’auteur d’une suite de planches ornementales, longtemps en usage à l’Académie des Beaux-Arts de Liège : Recueil d’ornements du moyen âge et de l’antiquité par A. Vivroux, Architecte, édité à Bruxelles, à la Lithographie de la Société des Beaux-Arts, en 1848 (11). Singulièrement, les planches de ce recueil (V 316) sont anonymes ou portent la mention imprimée « V. Vivroux del » (12-16). La tradition familiale atteste de l’existence d’un Victor Vivroux, troisième (?) fils d’Auguste-Marie. Ses millésimes de naissance et de décès varient selon les sources. Dans l’espoir de dissiper définitivement les doutes, de nouvelles recherches ont été menées dans les archives. En vain ! La vie de cet artiste méconnu semble néanmoins avoir débuté en 1828 ou 1829 et s’être achevée entre 1899 et 1910. Ces planches seraient dès lors des œuvres de jeunesse ; l’attribution est plausible.

 

11-16 : recueil édité par Auguste-Marie Vivroux (1795-1867) et planches attribuées à Victor Vivroux (1828 ou 1829 – après 1899 / avant 1910).

 

Quant aux planches éditées chez Engelmann (V 308 et V 309), rue du Faubourg Montmartre 6 à Paris, qui portent la mention imprimée « Vivroux » (17-18), elles sont traditionnellement attribuées au quatrième (?) fils d’Auguste-Marie, Clément (1831-1896), sculpteur installé dans la capitale française dès 1855.

 

 

 

17-18 : lithographies attribuées à Clément Vivroux (1831-1896).

 
Quelques-uns de ces motifs sont également présents dans les collections des musées communaux de Verviers. Lors de la donation en 1915, les attributions de ces lithographies, anonymes ou signées Vivroux ou Vivroux fecit, ont été réalisées par Auguste-Charles Vivroux (1859-1920), fils aîné d’Auguste (1824-1899) et petit-fils d’Auguste-Marie. Il nous plaît de souligner ici la fructueuse collaboration avec la conservatrice adjointe, Nathalie Weerts, qui a partagé ses informations et a permis ainsi de faire la lumière sur des éléments de notre propre collection.
 
Monique Merland
Documentaliste
 

Pour en savoir plus, nous vous invitons à consulter :

Anne-Françoise Goffaux et Bernard Wodon, Répertoire des architectes wallons du XIIIe au XXsiècle, Namur, MRW, DGATLP, 1999, p. 142-152.

Anne Van Loo (dir.), Dictionnaire de l’architecture en Belgique, de 1830 à nos jours, Anvers, Fonds Mercator, 2003, p. 598-599.

[Gaëtane Warzée], Expression oubliée d’architectes fin XIX– début XXsiècle, catalogue d’exposition, Liège, Musée d’Architecture, 1983.

Yolande Zurstrassen, Les Vivroux : une dynastie de cinq générations d’architectes à Verviers, 1820-1905, dans Art&Fact, n° 20, 2001, p. 32-37.

http://connaitrelawallonie.wallonie.be/fr/etiquettes/vivroux-clement.

http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb12604427k.