Le Bulletin n° 35 de la Commission royale des Monuments, Sites et Fouilles est sorti de presse !

Fidèle à la mission qui lui a été dévolue par le Bureau de la Commission royale depuis quelques années, le Bulletin de la C.R.M.S.F. se veut, une fois encore, dans la présente livraison, le reflet des travaux scientifiques de jeunes chercheurs issus de nos universités. Mis à part le premier article qui est relatif à l’archéologie préhistorique, il est cette fois entièrement consacré au XIXe et au début du XXe siècle.

Le site archéologique du Plateau des Cinques à Olloy-sur-Viroin est situé en pleine Calestienne. Présentant d’évidentes qualités défensives, ce site a fait l’objet d’occupations successives dans le temps à partir du Néolithique moyen, dès la première moitié du 4e millénaire ACN. De multiples campagnes de fouilles archéologiques s’y sont déroulées à partir de 1885 jusqu’aujourd’hui. Dans son article Le Michelsberg à Olloy-sur-Voroin : analyse du matériel lithique du « Plateau des Cinques » (Viroinval, Namur), Yorick Weenen, titulaire d’un master en Histoire de l’Art et Archéologie de l’ULB, fait le point sur l’étude du matériel lithique en silex (éclats, lames, lamelles, haches polies, nucléus et autres outils) découverts sur le site entre 2014 et 2017.

Mathilde Macaux, assistante-doctorante au Département d’Histoire de l’Art et Archéologie de l’UNamur, étudie dans le cadre de sa thèse la question de la réaffectation des sites monastiques ruraux en Belgique à l’époque de la Révolution industrielle. Dans cet article, elle s’attache particulièrement au cas de La réaffectation du site de l’ancienne abbaye cistercienne de Moulins à Anhée (1785-1988). L’auteur livre sa vision de l’histoire des lieux tout en mettant en exergue les valeurs architecturales et historiques des anciens bâtiments conventuels et de l’ancien complexe industriel, mais aussi des jardins et du site environnant.

Antoine Baudry, doctorant en Histoire, Histoire de l’Art et Archéologie de l’ULiège, a choisi d’aborder un sujet hors du commun : Les échafaudages sur les grands chantiers de restauration en Belgique au XIXe siècle. Indissociable de l’image d’un bâtiment en cours de restauration, l’échafaudage n’a cependant jamais été étudié en tant que tel. Mis à part quelques photographies anciennes, on ne sait en effet pas grand-chose de précis à propos de leur technique, de leurs matériaux, de leur coût, etc. L’auteur donne quelques détails à cet égard au travers de l’examen de quelques chantiers emblématiques, comme par exemple la restauration du beffroi de Tournai de 1844 à 1847, de la basilique Saint-Martin à Liège de 1844 à 1846 et de 1868 à 1871, du beffroi de Mons de 1850 à 1865 ou encore, de l’église Saint-Loup à Namur de 1862 à 1867.

La Révolution industrielle et l’évolution démographique ont entraîné des modifications majeures dans pratiquement tous les grands centres urbains de Belgique au XIXe siècle. Le cas de la ville de Liège est emblématique à cet égard. Sous l’égide du directeur des Travaux publics de la Ville de Liège Hubert Blonden (1816-1881), s’ouvre à partir de 1876 un chantier titanesque, visant à implanter sur l’ancienne Île de Commerce un nouveau quartier, bordé d’un nouveau parc de 45.000 m², le parc d’Avroy. De nouvelles rues et de nouveaux boulevards vont ainsi accueillir durant une quinzaine d’années les hôtels particuliers et les maisons que se fait bâtir la grande bourgeoisie de l’époque, rivalisant de luxe et d’originalité. Nicolas Sougnez, titulaire d’un master en Architecture de l’ULiège, publie un article basé sur son mémoire de fin d’études, mémoire primé par le Prix de l’AWaP 2019, qui résume bien cette époque : L’habitat bourgeois à Liège : le lotissement de l’Île de Commerce (1879-1914).

Le développement des chemins de fer durant tout le XIXe siècle et l’apparition de l’automobile au début du XXe siècle ont permis un grand développement du tourisme en Belgique et l’éclosion de nombreuses résidences de villégiature, singulièrement dans la vallée de la Meuse entre Namur et la frontière française. La bourgeoisie urbaine de l’époque, souhaitant fuir les désagréments des grands centres industriels, se fait alors construire de belles maisons de vacances au bord de l’eau pour profiter du grand air et des plaisirs que procure le fleuve : baignade, pêche, canotage et autres sports nautiques. Mathilde Badoux, titulaire d’un master en Architecture de l’ULiège, détaille les grandes lignes de la typologie de ces nouvelles constructions dans son article La villa mosane, résidence de villégiature en Haute-Meuse à la Belle Époque ; analyse typologique.

Ce tome du Bulletin de la Commission royale est en vente via la boutique en ligne.